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    Nous y étions…. Jeudi dernier, s’est tenue la seconde négociation salariale.

    Les résultats du Groupe vont être impressionnants et donc ?.....

    Me concernant cette négociation c’est une première.

    Comment cela se passe ?

     

    Dans une grande salle à Poissy au CEMR, ils sont 7 côté direction et c’est Xavier CHEREAU qui tient le crachoir.

    Côté représentants du personnel nous sommes 24, c’est-à-dire 4 par organisation syndicale (FO/CFE CGC/SIA/CFTC/CGT et nous CFDT), dont la star des plateaux télé : JP MERCIER (CGT).

     

    On m’a prévenu concernant le côté théâtral de la chose : interruptions de séances, retour de la direction ayant réussi à « arracher » un dixième de % d’augmentation auprès de Dieu le père…Une partie des négos qui se fait en off (avec des OS complaisantes…). Des horaires à n’en plus finir…. Les années d’avant cela s’est terminé à minuit…..

     

    Aie Aie Aie, c’est dans la même salle que nous avons commencé à négocier le futur accord Qualité de Vie au Travail : droit à la déconnexion, équilibre vie pro/vie privée, aucune réunions tard le soir….

     

    Ni une ni deux (mes collègues CFDT étaient prévenus), j’ai pris la parole pour rappeler le contexte de la qualité de vie au travail, nous devions (direction et OS) montrer l’exemple et mettre en accord ce que l’on négocie et ce que l’on fait. En conséquence de quoi à titre perso, j’ai annoncé que je quitterai la réunion à 18H (et je l’ai fait).

     

    J’ai vécu un GRAND MOMENT de solitude…..ricanement des autres OS, réponse de X CHEREAU sur les enjeux de la négociation…..

     

    A l’image de la chanson « je ne regrette rien ». Le message est passé et c’est une petite pierre qui est posée pour que collectivement ON CHANGE notre manière de vivre le travail et « destresser » notre environnement. La réunion s’est terminée à 18H30, y a-t-il un lien avec mon intervention ? peut-être….

     

    Sinon, pour le retour sur cette séance, tout est là :

     

    (Si vous appréciez ce billet d’humeur, n’hésitez pas : FAITES SUIVRE)

     

    En France il y a deux sortes de gens : ceux qui cachent leurs feuilles de salaire et ceux qui ont honte de la montrer. (G.Wolinski)

    A PSA, nous sommes beaucoup à être dans la 2ème catégorie. Après des années de disette, il est plus que temps que la Direction réponde à l’attente des salariés qui ne demandent pas l’aumône mais un juste retour des efforts réalisés dans un Groupe qui réalise des records de vente !

     

    A l’occasion de la 2ème séance de négociation qui s’est déroulée à Poissy le jeudi 14 février 2019, la CFDT a une nouvelle fois précisé ses revendications face à une Direction qui ne dévoile que partiellement son jeu. La CFDT reste sur sa faim ! Nous sentons une Direction ouverte à négocier mais pas presser de conclure !

     

    La CFDT a fait part de son mécontentement non seulement sur les premières propositions de la Direction mais aussi sur le timing imposé ! Les salariés attendent avec impatience du concret.

     

    Concernant l’ensemble des primes intéressement, complément d’intéressement et prime Macron, les conditions notamment d’éligibilité ont été abordé mais pas arrêtées. La Direction dévoilera les montants le 25 ou 26 Février 2019 à l’occasion de la publication des résultats économiques du Groupe.

     

    Augmentations générales et individuelles, la Direction annonce :

     

    -         Ouvriers employés budget de 2,4% de la masse salariale

    Augmentation générale 1,5% talon 27 euros

    Augmentation individuelle 0,9% (dont 0,24% ancienneté)

     

    -         Techniciens Agents de maîtrise budget de 2,4% de la masse salariale

    Augmentation générale 1% pour les TAM hors PVG

    Augmentation individuelle 1,49%

    Augmentation Individuelle 2% pour les TAM avec PVG

    (Intégralement en AI dont ancienneté)

     

    -         Cadres budget de 2,4% de la masse salariale (pas d’autres précisions)

     

    Repère : Indice des prix à la consommation (IPC hors tabac) 2018 1,4%

     

     Précisions sur la Prime Macron :

     

    La prime exceptionnelle sera exonérée de charges sociales et sera non imposable, dans la limite de 1 000 €.

    Cette exonération ne peut s’appliquer qu’aux primes versées aux salariés dont la rémunération 2018 est inférieure à 3 fois le SMIC annuel (3600 € mensuels net), calculé pour un an sur la base de la durée légale du travail. L’exonération bénéficierait aux seuls salariés liés par un contrat de travail avec PSA au 31 décembre 2018. CDI, CDD, y compris apprentis, CIFRE, etc

     

    Le montant de la prime peut être modulé en fonction de critères tels que la rémunération, le niveau de classification, la durée de travail pour les salariés à temps partiel ou la durée de présence effective pendant l’année 2018.

    La prime devra être versée au plus tard le 31 mars 2019.

    A ce jour, nous ne connaissons toujours pas la somme et les conditions d’éligibilité qui seront choisis par la Direction. Quid des salariés en longue maladie !

     

    Proposition Direction pour CDD et CDI :

     

    Montant proportionnel à la durée de présence effective en 2018.

    Exemple :

    Salarié CDI temps plein et présent toute l’année : 100% de la prime

    Salarié CDD du 1er juillet 2018 au 31décembre 2018 : 50% de la prime

    Salarié CDI parti en congé sénior du 1er septembre au 31 décembre 2018 : 67% de la prime

     

    Nb de salariés PSA éligibles

    PSAA

    Ouv/emp

    tam

    cadres

    Total

    < 3 SMIC

    26970

    8620

    3990

    39580

     

    Environ 8000 cadres ne toucheraient pas cette prime.

     

    Proposition Direction pour les intérimaires :

     

    S’assurer d’une équité pour tous les intérimaires liés par un contrat de mise à disposition avec PSA au 31/12/2018 ou au dernier jour d’activité de l’entité d’affectation en 2018 et :

    -         Ayant perçu une rémunération totale brute 2018 < 3 smic

    -         En prenant compte une modulation selon leur durée de mission chez PSA en 2018.

    8600 intérimaires seraient concernés.

     

    Nota :

     

    La CFDT a obtenu qu’une prime spécifique de 200€ pour les PSP/PSPS à l’entrée dans le métier avec effet rétroactif pour ceux passés en 2018.

    Il sera également octroyé une prime moniteur assemblage mécanique ainsi qu’une prime d’enlignement assemblage moteur.

     

    La prochaine séance de négociation aura lieu le 25 Février 2019.

     


  •  Engagez, rengagez-vous qu’ils disaient 

    Cela ne vous a pas échappé, les tracts tombent comme les flocons sur le site de Vélizy.Enfin pas pour tous, nous suivons notre bonhomme de chemin, et traçons notre route, le premier tract CFDT de l’année a été distribué la semaine dernière.

    Vous appréciez ce billet d’humeur car il est à l’image de notre collectif : indépendant, réformiste, concret et sans concession vis-à-vis des couleuvres de la direction et de leurs « partenaires ».

    A propos de couleuvre, j’ai l’image du serpent de Disney dans Robin des Bois «  regardez-moi dans les yeux : pas de fermeture du site de Vélizy, aucune réduction d’effectif, aucune réduction des RTT, aucune consigne des RH de classement des collaborateurs… ».

     

     

    Vous souhaitez que cette voix perdure ? prenne de l’ampleur ? nous avons besoin de vous.

     

    Les listes électorales sont en cours de constitution (élections professionnelles mi-mars).

    Nous cherchons à faire émerger de nouveaux talents, l’émancipation à la CFDT n’est pas un vain mot, c’est du concret.

     

    Lundi prochain 28 janvier, Christine VIRASSAMY déléguée centrale PSA CFDT (la seule femme déléguée centrale) sera sur le site de Vélizy pour vous rencontrer et discuter.

     

    Oui VOUS !

     

    Nous organiserons la rencontre, sur votre lieu de travail, à la cafeteria ou au local CFDT du bâtiment 23.

    Christine apportera la galette !

    Faites nous un retour par mail et on assurera la suite.

     

    Mais au fait qui est Christine ?

     

    Christine pourquoi t’es-tu engagée à la CFDT ?

    Je viens d’un pays où les gens vivent avec 2 Euros par jour et ou la solidarité s’exerce quotidiennement. Comme de nombreuses femmes je me suis naturellement tournée vers les valeurs qu’incarne la CFDT, notamment : la démocratie, l’émancipation, la solidarité et l’autonomie. De plus la CFDT est premier syndicat Français en nombre d’adhérent dont 48% de femmes. La parité y est respectée à tous les niveaux (fédéral et national). C’est aussi le seul syndicat de salariés à avoir eu une femme au niveau national à sa tête (Nicole NOTA).

    Que t’a apporté ton engagement à la CFDT ?

    Je suis très attachée à la justice sociale, mon engagement m’a permis d’apporter des solutions concrètes aux problèmes des salariés. L’émancipation au sein de cette organisation n’est pas un vain mot, je suis femme d’origine étrangère et issue de la production, et mon engagement à la CFDT me permet de négocier au plus haut niveau de l’entreprise !

    PSA en fait-il assez pour l’égalité Femme/Homme ?

    On n’en fait jamais assez sur ce sujet, le retard accumulé est important. Certains métiers ont un taux de féminisation encore trop faible et un réel effort doit être porté sur la promotion des femmes. En effet les responsables de filières, les cadres supérieurs et dirigeants sont encore trop peu féminisés. Les négociations sont en cours sur ce sujet dans le cadre de la Qualité de Vie au Travail, l’égalité Femme/Homme est un sujet prioritaire pour la CFDT.

    En conclusion ?

    Les femmes ont des approches différentes qui permettent par leur engagement d’apporter des solutions novatrices qui font bouger les lignes.

    Pour changer les choses, je suis convaincue que l’action syndicale contribue à lutter contre toute forme de stéréotypes.

    Nos besoins sont spécifiques et qui mieux que nous, peut apporter des solutions à nos problématiques : l’évolution de carrière, l’accès aux postes de management, la rémunération.

    La CFDT est très sensible à l’équilibre vie professionnelle et vie privée, équilibre encore plus dur à tenir pour les femmes (75% des tâches domestiques sont encore effectuées par les femmes) !

    J’ai conscience de l’apport qu’apporte ma sensibilité au sein des équipes, dans mon travail de tous les jours et au niveau syndical dans les négociations. La diversité et la complémentarité est une richesse.

    Je terminerais par une citation de Gandhi : « hommes et femmes, chacun est complémentaire de l’autre »


  •   2019, une année à haut risque

     

    13 c’est un chiffre qui porte bonheur !

     Cela tombe bien pour vous souhaiter une bonne et heureuse année 2019, pleine de réussites (grandes et petites) et surtout de la santé à revendre, le reste suivra.

     Vœux sincères et véritables car la Vigie s’adresse à des personnes à l’écoute bienveillante. Et oui chacune et chacun d’entre vous a croisé un membre de notre collectif, soit pour avoir travaillé ensemble, soit pour échanger sur des sujets variés de manière régulière. Diffusion restreinte que vous pouvez faire suivre.

       

    2019 une année chargée, année charnière.

     Pour la filière automobile, année charnière, nous percevons tous que nous sommes à la fin d’un monde : celui d’une industrie de volume employant de nombreux salariés. La réduction drastique des émissions de CO2 et la mise en place de l’usine du futur change la donne.

     Pour le site de Vélizy : les élections professionnelles ont lieu en Mars dans un contexte de mise en place du Conseil Social et Economique et des lois travail. Les élections de cette année ont un enjeux fort, la mise en place d’accord d’entreprise (site par site) est maintenant possible. Vos représentants du personnel devront être forts et légitimes.

     Nous sommes en cours de constitution des listes électorales et nous accueillons toutes les bonnes volontés, si le cœur vous en dit faites-le nous savoir. 

     Pour terminer une devise que certains reconnaîtrons, difficile à entendre au regard de notre condition d’homme :

      

    « Le passé n’existe plus, le futur n’existe pas, seul le présent existe, alors profitez de chaque instant »

     

     

    2019, année à haut risque pour l'industrie automobile Anne Feitz des ECHOS

      

    Le marché automobile mondial pourrait reculer cette année, après dix ans de croissance ininterrompue. - Shutterstock

     Les constructeurs vont devoir affronter un retournement des ventes, le Brexit et des conflits commerciaux potentiels. Et ce, au moment où la pression s'accroît pour limiter les émissions polluantes.

     C'est la fin d'une époque pour l'industrie automobile. Après plusieurs années de croissance ininterrompue, les ventes de voitures neuves dans le monde pourraient marquer le pas en 2019. « On est clairement à la fin d'une période de croissance qui a duré près de 10 ans », estime Laurent Petizon, chez AlixPartners. « Il y a un vrai risque de baisse du marché cette année : nous prévoyons un nouveau recul des ventes en Chine et aux Etats-Unis en 2019, et une croissance plutôt faible en Europe. » L'expert n'anticipe toutefois pas à ce stade d'effondrement, « toutes choses égales par ailleurs », poursuit-il. « Il ne faut pas oublier que l'évolution du secteur est largement corrélée à celle du PIB sur le long terme. »

     Grains de sable

     L'euphorie a déjà subi un coup d'arrêt en 2018, sous l'effet notamment du  ralentissement en Chine, premier marché mondial : les ventes y ont reculé l'an dernier, pour la première fois depuis plusieurs décennies. Mi-décembre, les analystes de RBC Capital Market estimaient même que la production automobile mondiale allait baisser dès 2018, à 94,6 millions de véhicules (-0,6 % par rapport à 1997), ce qui n'était pas arrivé depuis 2009. Ils prévoyaient une nouvelle baisse de -0,4 % en 2019.

     

     Les nuages s'accumulent dans le ciel des constructeurs auto

     

    Non seulement les facteurs cycliques et macroéconomiques sont susceptibles de plomber les achats de voitures neuves, sur les grands marchés comme dans plusieurs pays émergents ( Turquie , Argentine...), mais d'autres grains de sable risquent de venir gripper la machine. La guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine est toujours latente - même si  les autorités chinoises ont annoncé mi-décembre la suspension, pour 3 mois et à compter du 1er janvier, des surtaxes douanières sur les voitures américaines.

     Il n'y a jamais eu autant de changements structurels à venir dans le secteur

     En outre, l'épée de Damoclès de droits de douane  imposés par les Etats-Unis sur les véhicules européens plane toujours au-dessus de la tête des constructeurs. Enfin le scénario d'un Brexit sans accord n'est toujours pas écarté, exposant l'industrie à de graves conséquences financières .

     

    Révolution sans précédent

     Ces revers commerciaux surviennent au moment même où l'industrie automobile est confrontée à une révolution sans précédent. « Il n'y a jamais eu autant de changements structurels à venir dans le secteur », rappelle Laurent Petizon. La course à la voiture autonome et connectée contraint les constructeurs à investir d'énormes sommes en R & D, alors même que la pression réglementaire s'accroît pour réduire les émissions polluantes.

     Un certain nombre de constructeurs comme Volkswagen ou BMW ont ainsi  subi les nouvelles normes d'homologation (WLTP) instaurées en septembre dernier, « mais cette question devrait être totalement derrière nous d'ici au deuxième trimestre de 2019 », estime Frank Schwope, analyste chez Nord/LB, cité par l'agence Bloomberg. En attendant, les ventes en Allemagne ont reflué de 0,2 % l'an dernier.

     Lourdes amendes potentielles

     Les préoccupations sont plutôt aujourd'hui concentrées sur les émissions de CO2, compte tenu des lourdes amendes qui pourraient être infligées par Bruxelles en cas de non-respect des objectifs 2021. Selon de  nouvelles estimations du cabinet PA Consulting , huit groupes automobiles sur les treize présents en Europe pourraient ne pas remplir leurs objectifs à l'échéance. Plusieurs d'entre eux (comme Volkswagen, Fiat-Chrysler, ou PSA) risqueraient des amendes de plus de 500 millions d'euros.

     Automobile : L'Union européenne s'accorde sur une forte baisse des émissions de CO2

     Pour passer l'obstacle, les constructeurs ont annoncé des investissements massifs pour électrifier leur gamme. « Encore faudra-t-il arriver à vendre des voitures potentiellement plus chères, alors que le premier critère de choix des consommateurs est le prix », s'inquiète Laurent Petizon. Quant aux nouveaux objectifs européens qui s'annoncent, une  réduction de 37,5 % des émissions de CO2 à horizon 2030 , ils ont été qualifiés de « totalement irréalistes » par l'association des constructeurs européens. De quoi assombrir encore un peu l'horizon du secteur.

     


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    Voici la Vigie N°12, la newsletter de la CFDT de Vélizy. parution et sujets aléatoires…

    Deux sujets qui font échos à notre site de Vélizy et à PSA.

    ==> la spécificité française des investissements, les salariés seraient-ils le problème majeur de nos entreprises ? Rapporté à PSA, n’y va-t-il pas une tendance lourde de « moins de collaborateurs = moins de problèmes ! »

    ==> la profonde difficulté de nos dirigeants à discuter d’égal à égal avec des représentants des salariés. Ah zut alors ! c’est tellement plus simple en France ! avec une entente de syndicats construite à coup de clientélisme, qui me servent de courroie de transmission…. Alors je reprendrais une formule que notre X.CHEREAU national affectionne : « bla bla » à propos de la co construction dont il nous vante les mérites…. La CFDT PSA a noué le contact avec IG METAL et commencé à travailler en commun, car les problématiques sont communes, ensemble nous sommes plus fort.

    Pourquoi les entreprises investissent beaucoup mais créent peu d'emplois :

    Marie Bellan Le 26/10

     

    Dans le secteur manufacturier, la France affiche un taux d'investissement de 25,7 % contre 19 % en Allemagne. - Shutterstock

    Moins compétitives que leurs homologues allemandes, moins présentes à l'export, les entreprises françaises investissent pourtant plus que leurs voisines européennes. Mais ces investissements se font davantage sur l'innovation et la conception des produits que sur leur fabrication, souvent délocalisée.

    Les entreprises françaises investissent trop peu. Combien de fois a-t-on entendu cette critique à l'égard des acteurs économiques de l'Hexagone ? Et si c'était tout le contraire ? L'étude sur le sujet publiée ce vendredi par la Fabrique de l'industrie, l'OFCE et France Stratégie, dont « Les Echos » ont obtenu copie, bat en brèche plusieurs idées reçues.

     

    Premier constat :  les dépenses d'investissements des entreprises françaises sont en réalité plus élevées que chez la plupart de nos voisins européens, à commencer par l'Allemagne. En 2016, ces dépenses représentaient 25,7 % de la valeur ajoutée en France contre 19 % en Allemagne. Ce constat se décline dans la plupart des grands secteurs d'activité, à l'exception notable de l'agriculture où le taux d'investissement est depuis une dizaine d'années bien moindre en France que de l'autre côté du Rhin, pour des raisons qui tiennent essentiellement à la taille des entreprises.

    Paradoxe de l'investissement français

    Dans le secteur manufacturier, au contraire, la France affiche un taux d'investissement de 25,7 % contre 19 % en Allemagne. Seule la Suède, en Europe, fait mieux que la France sur ce segment. Et si la France avait la même composition que l'industrie allemande, on obtiendrait, selon l'étude, un taux d'investissement encore plus élevé, de 35,2 %. Le problème, c'est que cet effort d'investissement conséquent ne se retrouve pas dans les données macroéconomiques usuelles, qu'il s'agisse des chiffres du commerce extérieur ou de la productivité française.

    « Le paradoxe de l'investissement français peut venir du fait que nos investissements sont concentrés sur les actifs immatériels. Or les effets positifs de ce type d'investissement sont en général longs à se matérialiser », note Sarah Guillou, économiste à l'OFCE et coauteur de l'étude. La part des investissements en logiciels et base de données des industries manufacturières françaises atteint 21,2 %, là où l'Allemagne n'est qu'à 5,5 % et l'Espagne à 4,3 %.

    En revanche, les entreprises tricolores investissent peu dans les machines et les équipements et, quand elles le font, il s'agit davantage de renouveler des équipements que de moderniser les capacités de production. Le dispositif de suramortissement mis en place à la fin du quinquennat Hollande n'a amélioré ce constat qu'à la marge. Et  le nouveau dispositif voté dans le budget 2019 devrait avoir des effets modérés également.

    Préférence pour l'immatériel

    Cette préférence française pour l'immatériel s'explique par la fiscalité. « Le fait que le crédit impôt recherche soit un dispositif stable depuis des années induit des comportements de long terme qui façonnent le tissu économique », souligne Sarah Guillou. Pour optimiser leur investissement, les entreprises françaises ont donc plutôt tendance à concevoir leurs produits en France, avec des équipes de chercheurs, de designeurs et de concepteurs, tout en délocalisant leur production dans des pays à moindre coût. L'industrie automobile est un parfait exemple de cette répartition des tâches.

    La conséquence de cette préférence pour la conception et l'innovation, au détriment de la production, donne  de piètres chiffres à l'exportation pour les entreprises manufacturières françaises, mais leur profitabilité n'en est pas pour autant touchée, au contraire. « Les entreprises françaises font des choix économiques rationnels, à leur échelle, et d'ailleurs, la profitabilité des grands groupes est au plus haut depuis cinq ans. Mais leur schéma d'investissement tarde à porter ses fruits pour la France au niveau macroéconomique, notamment en termes d'emploi », estime Rémi Lallement, coauteur de l'étude et chef de projet à France Stratégie.

    En d'autres termes, l'économie de l'immatériel, qui est essentielle pour que la France soit compétitive dans le futur, reste pauvre en emplois. « Il faut bien sûr miser sur l'intelligence, l'économie de la connaissance mais l'enjeu est de combiner mieux ces éléments avec les activités de fabrication et non d'aller vers une 'France sans usines' », conclue Rémi Lallement.

    Marie Bellan   

     

    Un dialogue social difficile à construire entre Peugeot et IG Metall d’Opel ( les clefs du social)

     

    Manifestement, la direction de Peugeot a beaucoup de mal à s’adapter au dialogue social à l’Allemande. Après un bras de fer sur les questions d’emplois et de salaires durant l’hiver pour aboutir à un accord plutôt favorable au syndicat allemand IG Metall, les dirigeants de Peugeot envisageraient de vendre une partie du centre de recherche d’Opel considéré comme une « perle d’Opel » et son identité « made in Germany ». De quoi agacer le dirigeant du Betriebsrat (équivalent du CSE) de Rûsselsheim alors cette question n’avait pratiquement pas été évoquée lors du rachat de la marque. Retour sur un conflit qui montre que le consensus à l’allemande n’est pas spécialement un fleuve tranquille !

    Un conflit difficile durant l’hiver :

    Confrontée à des questions lourdes de compétitivité de la marque Opel vis-à-vis des autres marques de Peugeot (dans certaines unités, un véhicule Opel coûterait deux plus cher), la direction de Peugeot proposait aux représentants du personnel de ne pas appliquer l’accord national de la métallurgie signé entre le patronat et IG Metall (augmentation des salaires de 4,3 %) et de supprimer un certain nombre de primes au 1er janvier 2019. À cela s’ajoutait le projet de supprimer 4 000 emplois. Un site était particulièrement menacé en Thuringe (ex Allemagne de l’Est). Tout cela contre des engagements pour le moins flous de la part de la direction.

    Autant dire que les représentants d’IG Metall étaient très remontés, accusant Carlos Tavares (PDG de Peugeot) de « benchmark junkie sans idée pour Opel ». Les politiques aussi, puisque l’affaire est remontée jusqu’à la Chancelière Angela Merkel qui exigeait que Peugeot respecte les engagements pris lors du rachat. La direction de son côté accusait les syndicats de déni de réalité et de position dogmatique. Les échanges étaient donc pour le moins rudes à la limite de la rupture entre les différents acteurs du conflit.

    Mais, comme toujours en Allemagne, après d’âpres négociations, un accord est intervenu en mai 2018. L’accord de la métallurgie ne sera pas appliqué et certaines primes seront supprimées à partir de janvier 2019. En contrepartie, le site de Thuringe sort renforcé, le centre de développement obtient de nouvelles missions. Le nombre de suppressions d’emploi est limité à 3 700 et le programme de départs volontaires très avantageux, qui aurait pu déstabiliser l’entreprise, est largement revu à la baisse. Au final, il s’agit d’un accord équilibré entre les deux parties.

    Si tous les acteurs se sont félicités de cette conclusion qui pourrait sortir Opel de ses difficultés à l’horizon 2021, elle démontre la difficulté d’une entreprise française à s’adapter au dialogue social allemand. Habituée au passage en force, elle a dû s’adapter aux règles et usages du dialogue social allemand qui s’appuie sur un syndicalisme puissant mais aussi la volonté de parvenir à une solution négociée.

    Une leçon que Peugeot a du mal à retenir

    Comment expliquer la récidive de Peugeot qui laisse ses intentions filtrer dans la presse concernant le centre de recherche de Rüsselsheim centre historique de la marque ? Gageons que, malgré une nouvelle tension entre direction et IG Metall, il sera encore trouvé une solution de consensus.

     

     

    Si vous appréciez : faites suivre.

     

    Envie de nous rejoindre ? contactez-nous : http://cfdt-psa-velizy.eklablog.fr/

     

     


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    Forfaits jours des cadres et déplacements : plusieurs d’entre vous nous ont posé la question sur la récupération des déplacements effectués « hors temps de travail ».

     Le forfait jour concerne les cadres en position C, A1, A2, PI, PII, PIIIA, PIIIB et PIIIC.

     Le forfait jour s’applique aux cadres (à temps plein) chez PSA (application des 35H en 2000, avenant du 26/06/2000 de l‘accord du 4 mars 99). Soit les cadres ont signé un avenant à leur contrat de travail, si celui-ci est antérieur au 26/6/2000, soit le contrat est postérieur à cette date et le forfait jour s’applique directement.

     Le forfait jour a pour base 218 jours travaillés dans l’année (217 –la journée de solidarité).

     Nous avons posé la question à notre service juridique concernant la récupération des temps de déplacement sur le WE (Chine, US…). Force est de constater qu’avec les lois travail récentes, le sujet s’est encore complexifié.

     Demander au salarié d’assurer une comptabilité de ses jours travaillés reste compliqué (par rapport à un total de 217 J, sur une référence horaire qui reste floue).

     La journée de travail du forfait jour a 2 bornes extrêmes :

     =>  la borne minimum peut aller jusqu’à un passage sur le lieu de travail de quelques minutes ou de l’envoi de quelques mail en télétravail…

     => la borne maximum c’est le respect des 11H de repos journalier (20H/7H par exemple)

     Dans le cas d’un déplacement le WE (samedi ou dimanche), tard le soir ou tôt le matin, nous préconisons de récupérer le plus rapidement possible.

     

    Concrètement comment le met-on en œuvre ?

     Le salarié cadre a de par sa fonction une certaine autonomie (l’autonomie est la condition de validité de la convention en forfait jour).

     Le salarié cadre organise son emploi de temps de manière à dégager une ou plusieurs demi-journées de récupération (suivant l’ampleur de ses « dépassements »). Et si possible immédiatement dans la semaine qui suit son retour de déplacement.

     Le hiérarchique devra être informé de cette disposition (« demain vendredi après midi je ne suis pas là, je me suis organisé pour»).

     Ce mode de fonctionnement est le seul à ce jour concrètement applicable, il permet de réduire la sur exposition au burn-out des cadres exposés.

     Le mot de la fin :  « les cimetières sont remplis de personnes indispensables… »

     Pour aller plus loin : http://www.wk-rh.fr/preview/EhHlEjBeDgCfDh/edition/ltt/lamy_temps_de_travail/360-55_comment_le_forfait_annuel_en_jours_fonctionne-t-il_

      

    C GHOSN et K MBAPPE ont le même salaire, et pourtant…..

      Carlos Ghosn gagne 15 millions par an et Mbappé 17,5 millions. Pourtant, avant même l’affaire japonaise, la rémunération du patron a toujours fait polémique, alors que celle du footballeur, si elle est jugée extravagante, ne suscite pas l’opprobre. L’opinion publique semble faire une différence entre les deux. D’un côté, il y a un héros auquel les jeunes s’identifient, et de l’autre, un personnage jugé cupide et au service d’intérêts financiers. Aux yeux de l’opinion, l’un semble donner, et l’autre prendre.

     Qu’est-ce qui peut expliquer cette différence d’appréciation ? Ca n’est pas l’utilité sociale, puisque le patron du constructeur préside aux destinées de 500.000 personnes dans le monde, c’est considérable. L’utilité sociale d’un Mbappé n’est pas discutable, mais elle est d’un autre ordre, il nous fait plaisir en jouant. 

     Ce n'est pas la réussite qui les différencie

     Ça n’est pas non plus la réussite qui les différencie, puisqu’ils sont tous les deux champions du monde, Carlos Ghosn ayant porté son entreprise au rang de n°12 planétaire, dans une compétition industrielle qui n’est sûrement pas plus facile que celle du ballon rond.

    Alors, c’est parce qu’il s’agit du monde de l’entreprise pour Carlos Ghosn ? En partie. Un patron a du pouvoir sur les autres, ses salariés. Ce qui rend ses décisions par définition contestables. Ces décisions peuvent en effet contrarier les intérêts individuels, au nom du client ou de l’actionnaire.

    Rien de cela dans le foot, où les joueurs sont comme des artistes, des solitaires. Mais uniquement. C’est la légitimité de la position, et donc de la rémunération, qui est en jeu. Un Mbappé avait tout contre lui, à Bondy, en région parisienne. S’il est au firmament, c’est qu’il a un talent extraordinaire, qui n’appartient qu’à lui, car il n’avait ni les réseaux, ni les études pour réussir. Donc il mérite son argent.

     

    Une appréciation différente des salaires des patrons

     

    Chez les patrons au contraire, on va souvent soupçonner les connivences et la consanguinité de l’élite française : toujours les mêmes milieux, toujours les mêmes écoles. Carlos Ghosn est un polytechnicien. Ce qui jette un doute sur les mérites propres du patron : qu’est-ce qui lui appartient vraiment dans sa réussite.

    Si l’accès aux fonctions de patron était plus ouvert, ce serait différent ? C’est probable. Regardez la différence d’attitude sur les salaires en Allemagne, où un apprenti peut devenir patron d’une très grande entreprise, par la promotion interne. Ca change tout. Regardez encore aux États-Unis, où il y a certainement davantage de self made men que chez nous, et où les Américains n’ont pas le même rejet de la fortune.

     

    Des salaires qui explosent

     

    Ce qui est frappant, c’est que dans les deux cas, patrons et footballeurs, les salaires ont explosé. J’ai fait les calculs. Un Dominique Rocheteau, star du club de Saint-Étienne en 1976, gagnait l’équivalent de 125.000 euros annuels d’aujourd’hui.

    C’est-à-dire 136 fois moins que Kylian Mbappé, au même âge. Et pour le même talent. Côté patron, un Jacques Calvet, qui dirigeait Peugeot dans les années 1980, gagnait 45 fois le SMIC. Alors que Carlos Ghosn est à plus de 800 fois.

    La raison en est toute simple. Kylian Mbappé fait gagner beaucoup, beaucoup plus d’argent à son club et ses sponsors que Dominique Rocheteau à Saint-Étienne, parce que les retransmissions des matches sont désormais mondiales. Et c’est la même chose pour Carlos Ghosn. C’est la mondialisation qui a fait exploser le salaire des stars.

     

    Pour ceux qui n’étaient pas présents ce jour sur Vélizy nous avons distribué un communiqué de presse commun IG Metall – CFDT.

     

    Ce communiqué a été distribué sur les sites de PSA France et d’Opel en Allemagne.

     Ce communiqué présent sur notre blog : http://cfdt-psa-velizy.eklablog.fr/

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